Dans la suite de nos rencontres avec l'Évêque et l'équipe diocésaine, nous nous sommes retrouvés pour continuer le dialogue et poser, une nouvelle fois, quelques questions et faire de nouvelles propositions.
Photo de Jean-Michel - Abbaye de la Lucerne
Suite à notre rencontre du 6 février 2025, voici le mail ci-dessous que nous avons envoyé à l’Evêque et à l’équipe diocésaine le 26 février 2025 :
Cher Laurent, cher frère évêque
Nous avons bien reçu votre mail de réponse à nos interrogations et nous vous en remercions.
Il nous a été agréable d’apprendre que le diocèse allait mettre en œuvre la formation et l’accompagnement des acteurs et une démarche d'évaluation pour la mise en place des nouvelles structures de gouvernance dans les paroisses.
Cependant nous nous étonnons que le même organisme participe à la fois à la formation -accompagnement et à l’évaluation d’un processus où il sera lui-même partie prenante.
Quelles sont les modalités de cette évaluation ?
Se situe-t-elle en fin d’expérimentation, ou en continu avec des critères définis dès le début pour pouvoir recueillir les données ? Et plus précisément, chaque indicateur ou groupe d’indicateurs sera-t-il sous la responsabilité d’un référent ?
Bref, un comité de suivi de l'évaluation est-il prévu et, si oui, quel est sa composition ?
Nous vous proposons un élargissement à quelques laïcs volontaires de notre groupe, présentant des compétences, pour être associés à l’évaluation, afin de participer au choix des indicateurs et que soit garanti un suivi lisible par les membres des communautés associées aux finalités et aux objectifs poursuivis, dans le sens de la démarche synodale, comme l’exprime le document final (citations ci-dessous pour rappel car vous les connaissez bien probablement) :
94. Une mise en œuvre synodale, correcte et résolue, des processus décisionnels contribuera au progrès du peuple de Dieu dans une perspective participative, en premier lieu à travers les médiations institutionnelles prévues par le droit canonique, notamment les organes participatifs. Sans changements concrets à court terme, la vision d’une Église synodale ne sera pas crédible, ce qui éloignera les membres du peuple de Dieu qui ont puisé force et espérance dans le cheminement synodal. Il appartient aux Églises locales de trouver les modalités appropriées pour mettre en œuvre ces changements.
95. La prise de décision ne conclut pas le processus décisionnel. Celui-ci doit être accompagné et suivi par des pratiques de rendre-compte et d’évaluation, dans un esprit de transparence inspiré par des critères évangéliques. Rendre compte de son ministère à la communauté appartient à la tradition la plus ancienne, remontant à l'Église apostolique. Le chapitre 11 des Actes des Apôtres nous en offre un exemple : lorsque Pierre revient à Jérusalem après avoir baptisé Corneille, un païen, « les fidèles circoncis le reprirent en disant : ‘‘Tu es entré chez des hommes qui ne sont pas circoncis, et tu as mangé avec eux !’’ » (Ac 11, 2-3). Pierre répond par un récit qui rend compte des raisons de son action.
97. L’attitude de transparence, dans le sens qui vient d’être indiqué, constitue un garant de cette confiance et de cette crédibilité dont une Église synodale, attentive aux relations, ne peut se passer. Quand la confiance est violée, ce sont les personnes les plus faibles et les plus vulnérables qui en subissent les conséquences. Là où l’Église jouit de la confiance, les pratiques de transparence, de rendre-compte et d'évaluation contribuent à la consolider, et elles sont un élément encore plus critique là où la crédibilité de l'Église doit être reconstruite. Ceci est particulièrement important dans la protection des mineurs et des personnes vulnérables.
Nous nous permettons aussi de relever une sorte d’incohérence, à notre sens, concernant le projet d’une commission qui participe à l’élaboration de ces formations ainsi que les journées intitulées « gouvernance paroissiale », pour vivre la synodalité. Dans les participants, nous ne voyons pas d’ouverture à d’autres personnes que les curés et les instances paroissiales. Il nous semble là qu’il y a un écart par rapport à la démarche synodale qui veut associer le plus grand nombre. Cela reste un circuit fermé, à notre avis. Les mouvements et services d’Église ont un autre regard, comme c’était d’ailleurs noté dans la synthèse du diocèse « Contribution du diocèse de Nantes aux synode des Évêques sur la synodalité » : page 2 « sortir de l’entre-soi » et à la page 7 dans suggestions à discerner « Les mouvements d’action catholique, caritatifs, spirituels, la vie consacrée, possèdent des savoir-faire dans l’animation, le discernement, le management pour la gouvernance synodale, avec consultation, dialogue, délégation, mandat, évaluation, rendre compte. Ils rêvent « que tout cela devienne aussi la richesse des fonctionnements des instances diocésaines et paroissiales au service du bien commun »
Pourquoi ne pas associer quelques laïcs issus des mouvements et aussi d’autres lieux d’Église, même si cela concerne les paroisses.
Enfin, nous nous permettons de vous relayer l’expérience du diocèse du Havre, parue dans « Promesses d’Église » qui nous semble intéressante :
Dans l’attente de votre réponse
Cordialement
Claude Besson, pour le groupe des 7 en délégation des 60 signataires de la lettre du 1er Avril.