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Une homélie qui accroche

Joël Couffignal . 31 janvier 2026

Si on demande à des paroissiens, à la sortie d’une messe, ce qu’ils ont retenue de l’homélie, les réponses sont variées mais vont toutes dans le même sens : en général, on commence par entendre : « C’était bien... ». Puis, quand on demande plus précisément de quoi le prédicateur a-t-il parlé, on entend : « de Dieu (?) », « de la foi (??)», ou de façon plus honnête : « je ne sais pas. », « Je ne m’en souviens pas ».

Il faut bien constater que, la plupart du temps, les homélies ne laissent pas un souvenir impérissable, et qu’on n’en retient pas grand-chose une fois sortis de l’église… 

Or, c’est bien dommage, car l’homélie est le seul moment de la messe où la parole est libre, non écrite à l’avance, contrairement au reste de la liturgie, où tout est codifié (sauf pour la prière universelle). C’est un lieu privilégié pour l’évangélisation, pour aider les personnes à comprendre ce que les textes peuvent leur dire, comment la Parole de Dieu les rejoint dans leur vie. L’homélie, souvent seule occasion pour beaucoup d'avancer dans leur connaissance des textes, de la foi, doit répondre autant aux attentes des intelligences qu'à celles des cœurs. A quoi serviraient-elles si le message qu'elle délivre n'est ni compris, ni mémorisé ? 

D’autant plus que les dons oratoires des prédicateurs sont variables.

Dans le but de répondre à cette problématique, le Service d'Optimisation des Homélies, SOH, a été créé en France en 2007. C’est une association de laïcs bénévoles, qui veut répondre à ce besoin et aider les prédicateurs à donner des homélies intelligibles et nourrissantes. Elle s’adresse à tout prédicateur : prêtres, diacres, séminaristes, mais également aux officiants (laïcs) des funérailles.

SOH, présent dans 20 diocèses, est reconnue par l’Eglise : la Conférence des Evêques de France (CEF) soutient et encourage ses actions. SOH est référencé dans l’annuaire du diocèse de Nantes, au service Formations (page 65).

A Nantes, une équipe de 8 personnes, formées à cet effet, a déjà accueilli depuis 2023 plus de 100 prédicateurs. 

Depuis 2023, SOH-Nantes a formé:

  • 12 prêtres diocésains
  • 5 prêtres fidei donum
  • 14 diacres permanents
  • 21 diacres séminaristes
  • 66 officiants des funérailles

Total: 118 personnes au service de l'Église

En France et en Belgique, plus de 2400 prédicateurs ont bénéficié de cette formation.

L'objectif de SOH est d'aider les prédicateurs quant à la forme de leurs homélies, mais pas pour le fond, qui est abordé dans le cadre d’autres formations diocésaines. L’homélie est l'alliance d'un fond et d'une forme. Sans le fond, l'homélie n'est que vent. Mais le fond a besoin d'une forme. 

Le pape François écrit : "Certains croient pouvoir être de bons prédicateurs parce qu'ils savent ce qu'ils doivent dire, mais ils négligent le comment… L'importance évidente du contenu de l'évangélisation ne doit pas cacher l'importance des voies et moyens." (Evangelii Gaudium 156)

Il ne suffit pas qu'un prédicateur, prêtre, diacre ou laïc, ait une foi et une spiritualité profondes pour qu'il soit capable en public de transmettre la Parole de Dieu, de manière claire et convaincante.

Certains prédicateurs ont la chance d’avoir naturellement le don de la prise de parole en public, quand d’autres éprouvent plus de difficultés. Mais comme pour tout don, l’art de la parole n’est rien sans le travail. Tout prédicateur, quel que soit son niveau de départ, peut progresser, gagner en confiance en soi, en force de conviction.

C'est la raison d'être de SOH. Les prédicateurs qui ont déjà suivi une session SOH, ont évalué de manière très positive la formation reçue, comme en attestent les témoignages consultables sur le site sohcatho.org, et dans l’encadré ci-après.

Chaque session de formation est prévue pour un groupe de trois prédicateurs et comporte quatre séances de trois heures et demie, à deux semaines d'intervalle. Les animateurs sont aidés par des auditeurs ayant des expériences variées en communication. Tous sont remplis de respect pour les prédicateurs et œuvrent dans un esprit de bienveillance, d’humilité et d’efficacité au service de l'annonce de la Parole de Dieu. Chaque séance combine de courts exposés théoriques interactifs et des exercices pratiques. Les exercices pratiques consistent à demander aux prédicateurs de prononcer une homélie qui est vidéo-enregistrée et fait ensuite l'objet d'une analyse collective par les autres prédicateurs et les auditeurs. Les prédicateurs apprennent autant en soumettant leur homélie à l’analyse de leurs confrères et des auditeurs, qu’en étudiant ce qui peut être amélioré chez les autres.

Quels bénéfices en tirent les prédicateurs ? Ils prennent conscience que :

  • L’important n'est pas "tant ce qu'ils veulent dire" mais "ce que leurs auditeurs emportent"
  • Une « accroche » au tout début de l’homélie va capter l’attention des auditeurs
  • Le choix d’UN message central structure le plan de l'homélie et favorise sa mémorisation
  • L’homélie touche davantage les fidèles si on les fait réfléchir en leur posant des questions
  • La force de conviction est liée avant tout au "non-verbal" : regards, postures, gestes, silences, sourires….

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  • Sessions pour les prêtres et les diacres : 4 demi-journées avec 15 jours en chaque session
  • Sessions pour les officiants des funérailles : 2 demi-journées à 15 jours d’intervalles

Contact SOH Nantes : Joël Couffignal / 06 77 55 07 71 / joel.couffignal@gmail.com

N’hésitez pas à conseiller à vos prédicateurs préférés (prêtres, diacres, laïcs de funérailles) à participer à une session SOH. Ils en seront très satisfaits, et ceux qui les écoutent également ! La formation est gratuite.

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Verbatim :

Voici quelques réactions de prédicateur ayant suivi une session SOH à Nantes :

1.         Qu’avez-vous apprécié dans la formation reçue ? 
La simplicité des relations entre tous. La bienveillance. Revisiter les commentaires avec des repères précis, des éléments d’analyse.
L'ambiance détendue suite à la mise en confiance par les « formateurs » … humilité, bienveillance. La séquence vidéo est un outil formidable pour le « prédicateur » et pour les formateurs.

2.         En quelques mots, les domaines où vous pensez avoir progressé ?
Choisir le Message Central. J’ai souvent trop de choses à dire. Il m’est difficile de synthétiser.
La simplification du langage, de l’expression.
Les silences et les regards. Je devrais améliorer encore les regards et moins lire d'une façon linéaire.
Une homélie qui dure de 5 à 7 minutes 
(…) la gestuelle
Le « seul message » à développer ; pas toujours facile en fonction des textes choisis (…). L'ensemble des « topos » a répondu à mes attentes.

3.         Recommanderez-vous SOH à vos confrères ?
 Oui, bien sûr, cela devrait être systématique (…).
Oui, absolument.
Oui, sans aucun doute. Merci à vous d’avoir créé cette structure dans le diocèse. Vous êtes bienveillants et apportez de vrais conseils pour améliorer notre mission.
C’est déjà fait.

4.         Cette session a-t-elle répondu à vos attentes ?
Oui, totalement.

Joël Couffignal

Le Cri, nouvelle revue 

Extrait d’un article « Le Sermon est trop long » de Sophie Divry, journaliste et écrivaine paru dans la nouvelle revue de janvier 2026 « Le Cri » créée par de jeunes chrétien engagés, un "mensuel chrétien joyeux et radical". https://lecri.media/

«  (…) J’ai remarqué que le prêtre qui a fait un sermon trop long fera aussi des annonces trop longues. Le pape François conseillait 8 à 10minutes de sermon, pas plus.

Il y a le sermon trop long alors qu’il n’est pas si long. Sermon de 10 minutes ressenti 20. Les propos sont paraphrastiques ou bien c’est un plan en quatre parties qui n’en finit pas. Au contraire, il y a le sermon qui passe comme un feu dont on ressort le corps chaud, se jurant qu’on va prier tous les jours pour retrouver en nous cette ardeur…. »

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